Les planètes du système solaire
Je vous propose une série d’une dizaine d’épisodes consacrés aux planètes du système solaire, mais vues de biais. Il ne s’agira pas ici d’un cours d’astronomie. Les distances, les masses, les atmosphères resteront en arrière-plan. Ce qui nous intéressera, ce sont les histoires : les erreurs fécondes, les intuitions audacieuses, les illusions parfois, et les découvertes qui ont changé notre manière de voir le ciel. Nous croiserons ainsi des planètes bien réelles : Neptune, découverte au bout d’un calcul, ou Pluton, longtemps considérée comme une planète avant d’être reléguée à un autre statut. Mais nous rencontrerons aussi des astres fantômes : Vulcain, cette planète que l’on a cherchée pendant des décennies sans jamais la trouver.
Pour ouvrir cette série, je vous propose de remonter au début du XVIIe siècle, en 1608. Johannes Kepler écrit alors un texte étrange, inclassable : Le Songe. C’est sans doute le premier récit de voyage vers la Lune. Kepler y imagine un trajet, décrit la surface lunaire, évoque même, de façon saisissante, ce que nous appelons aujourd’hui la face cachée de la Lune. Mais ce texte est bien plus qu’une fiction : c’est une manière de faire de la science autrement, en déplaçant le regard, en imaginant ce que verrait un observateur placé ailleurs. C’est exactement ce que nous ferons tout au long de cette série : changer de point de vue. Car les planètes ne sont pas seulement des objets célestes. Elles sont aussi des constructions intellectuelles, des hypothèses, des récits, et parfois des erreurs. Et ce sont ces détours qui racontent peut-être le mieux l’histoire de la science.
Étienne GHYS, Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, animateur de Petites histoires de science.
