
Ces « canaux » observés sur Mars qui ont fasciné les astronomes pendant un siècle
Petites histoires de science est un podcast de l'Académie des sciences, proposé par Étienne Ghys, Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences.
Au XIXe siècle, l’astronome italien Giovanni Schiaparelli observe de longs traits rectilignes sur la planète Mars. Il les nomme « canali ». Ce mot italien désigne des sillons qui n’ont rien d’artificiel. Mais en traversant les langues, « canali » devient « canaux » en français. Et cela change tout : un canal, ça se creuse ! À cette époque, le public suit avec enthousiasme ces découvertes scientifiques relayées dans les journaux. La probable présence de canaux creusés sur Mars intrigue. Dès lors, une question se pose : le système solaire abriterait-il de la vie ailleurs que sur la Terre ?
Mars serait une planète habitée
Pour Percival Lowell, astronome amateur issu d’une grande famille fortunée de Boston, cela ne fait aucun doute : Mars est peuplée d’une civilisation condamnée à vivre dans un climat aride. Il raconte, dans des conférences et dans des livres, que Mars est une planète habitée.
Une découverte qui fascine la littérature
Mars inspire les écrivains et devient un décor récurrent des romans de science-fiction. Publié en 1898, La Guerre des mondes de Herbert George Wells est l’un des premiers récits d’invasion extraterrestre. Dans cet ouvrage, l’auteur imagine la Terre envahie par cette mystérieuse civilisation martienne.
Le cerveau voit, interprète, et trompe les astronomes
Mais les astronomes commencent à douter. Ils observent les lignes découvertes par Schiaparelli apparaître, puis disparaître. Au milieu du XXe siècle, des images prises au plus près de Mars ne révèlent aucun de ces traits rectilignes. Les canaux longtemps observés n'existent pas en réalité : confronté à des images floues, le cerveau fabrique des lignes là où il n'y en a pas.