Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé : pourquoi ce mythe antique est devenu un modèle du théâtre baroque

Écrite en 1621, la pièce des Amours tragiques de Pyrame et Thisbé fait aujourd'hui figure de modèle du théâtre baroque. Théophile de Viau y reprend un mythe antique déjà chanté par Ovide, et qui inspira aussi Shakespeare pour Roméo et Juliette. Ce drame donne aussi l’occasion de redécouvrir son auteur, mort il y a 400 ans. Poète à succès dans les années 1610-1620, Théophile de Viau s'est aussi imposé comme une figure du libertinage, ce courant de pensée qui revendique la liberté d'esprit face à la religion. Un engagement qui lui vaudra la prison. Charles Di Meglio, acteur, metteur en scène et fondateur de la compagnie Oghma, qui joue actuellement la pièce, explique ce qui fait de Pyrame et Thisbé une œuvre à part.

Un mythe antique

L'histoire de Pyrame et Thisbé n'est pas une invention de Théophile de Viau : c'est un mythe antique qui inspirait déjà Ovide, qui en fait le récit dans ses Métamorphoses. Deux amants, séparés par un mur, discutent chaque soir à travers une fissure pour se murmurer leur amour, sans même s'être jamais vus. Ils finissent par convenir de s'enfuir pour se retrouver et s'unir. Mais le rendez-vous tourne au malentendu tragique : chacun, croyant l'autre mort, se donne la mort à son tour.

L'adaptation de Théophile de Viau

Théophile de Viau reprend ce canevas antique en 1621 en y ajoutant une figure inédite : un roi tyrannique, lui-même épris de Thisbé. Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé est aujourd'hui considérée comme un modèle du théâtre baroque : simultanéité des actions, intrigues secondaires, personnages qui n'apparaissent que le temps d'une scène, goût du spectaculaire jusque dans la mort des amants : autant de traits que le théâtre classique, quelques années plus tard, s'attachera à discipliner.

Théophile de Viau, poète et libertin

Né en 1590, Théophile de Viau s'impose d'abord comme poète, avant d'être dramaturge : il écrit pour les favoris de Louis XIII. Libertin, il revendique une liberté de penser affranchie de la religion et paie cet engagement au prix fort : condamné à mort et brûlé en effigie, sa peine est finalement commuée en exil, puis en prison. Il meurt en 1626, marqué par ces années de détention.

Théophile de Viau figure au calendrier des Commémorations nationales 2026. Lire le dossier France Mémoire, ici.

Découvrir le site de la Compagnie Oghma.

© Nicolas Poussin, Paysage orageux avec Pyrame et Thisbé (1651). Wikimedia Commons, domaine public (PD-Art).

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