
La muséographie aujourd’hui : de l’accrochage des œuvres à l’accueil du public
Comment décide-t-on de l'emplacement d'une œuvre dans un musée ? Faut-il consacrer son budget à restaurer les œuvres que l'on possède déjà ou à en acheter de nouvelles ? Et comment choisir les expositions qui feront venir le public ? Ces choix, le visiteur les voit rarement, mais ils décident pourtant de la manière dont il rencontre les œuvres. Un directeur de musée s'y confronte chaque jour, et c'est toute la muséographie, l'art de présenter des collections au public, qui s'y joue. Pour en parler, L’envie de Savoir reçoit Florence Viguier-Dutheil, correspondante de l'Académie des beaux-arts et conservatrice en chef du patrimoine. Elle dirige depuis 2003 le musée Ingres Bourdelle, à Montauban, et raconte comment, en plus de vingt ans, son métier et ses préoccupations ont profondément évolué.
Un palais d'évêques devenu musée
Le musée Ingres Bourdelle occupe un ancien palais épiscopal tout en briques rouges, matériau typique de Montauban et du Sud-Ouest. Il devient musée au début du XIXe siècle, mais change de dimension en 1867, quand Ingres, né à Montauban, lui lègue son fonds d'atelier : des peintures, 4 500 dessins, ses collections personnelles et toute sa documentation. Depuis 2019, le musée porte aussi le nom d'Antoine Bourdelle, autre enfant de Montauban.
Une rénovation pour clarifier le parcours
Lors de la rénovation, les œuvres sont restées les mêmes : il s'agissait de « clarifier les présentations ». Florence Viguier-Dutheil voulait que les peintures respirent, sans aller jusqu'au white cube, ces salles où chaque mur n'accueille qu'un tableau, qui n'aurait convenu ni à l'histoire des collections ni à l'esprit d'Ingres. Le parcours sépare désormais Ingres de ses élèves et présente ses collections personnelles, pour montrer les goûts qui l'ont formé.
Un musée qui cherche à toucher de nouveaux publics
Montrer des collections ne suffit plus : un musée doit aussi aller vers ceux qui n'y viennent pas. Le musée Ingres Bourdelle s'ouvre donc à d'autres disciplines, comme la musique et la poésie, et s'appuie sur la vie culturelle de son territoire, de Montauban et de l'Occitanie. L'art contemporain y a aussi sa place. Des initiatives lui permettent de toucher des visiteurs différents, sans renoncer à ce qui fonde le musée : la rencontre avec les œuvres.
Pour en savoir plus sur le musée Ingres Bourdelle.