
Cellules dendritiques : à quoi servent ces « sentinelles » du corps humain ?
Ces dernières années, le système immunitaire est devenu l'un des grands terrains de conquête de la recherche médicale. Nos défenses naturelles n'ont jamais autant occupé le devant de la scène scientifique. Pourtant, leur fonctionnement reste d'une complexité fascinante. Cette armée intérieure rassemble des cellules aux missions bien distinctes. Parmi elles : les cellules dendritiques, surnommées les « sentinelles » du système immunitaire. Elles ne combattent pas directement les microbes : leur rôle est de les repérer et de donner l’alerte. Directrice de recherche à l'Inserm, Ana-Maria Lennon-Duménil dirige une équipe à l'Institut Curie qui s'intéresse depuis des années à la façon dont ces cellules patrouillent dans l'organisme. Membre de l'Académie des sciences depuis 2023, elle raconte comment ces cellules remplissent leur mission de vigie.
Ana-Maria Lennon-Duménil est membre de l'Académie des sciences depuis 2023.
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Des sentinelles qui n'attaquent pas
Contrairement à d'autres cellules du système immunitaire comme les macrophages, les cellules dendritiques ne cherchent pas à détruire les microbes. Leur nom vient du grec dendron, l'arbre : elles sont dotées de petits bras ramifiés, les dendrites, qui leur permettent de sentir l'environnement et de capturer les antigènes. Leur mission est différente de celle des autres cellules : capturer quelques particules infectieuses, les analyser, puis transporter cette information vers les ganglions lymphatiques pour alerter les lymphocytes, seuls capables de déclencher une réponse ciblée contre l'agresseur.
Deux façons de se déplacer
C'est la découverte au cœur des travaux d'Ana-Maria Lennon-Duménil : les cellules dendritiques changent de comportement selon leur mission. En patrouille, elles alternent exploration et pauses, un mode dit intermittent, particulièrement efficace pour chercher ce qu'on ne voit pas. Une fois un danger repéré, elles filent en ligne droite vers les ganglions les plus proches.
De la paillasse au vaccin
Comprendre cette mécanique cellulaire n'est pas qu'une question de biologie fondamentale : elle éclaire aussi certaines pistes de vaccination, notamment contre le cancer, où des cellules dendritiques chargées d'antigènes tumoraux sont réinjectées au patient pour stimuler sa réponse immunitaire.