Se souvenir de la Chine maoïste avec Marianne Bastid-Bruguière
En habit vert consacre ce portrait à la sinologue Marianne Bastid-Bruguière, spécialiste de la Chine moderne et contemporaine. La chercheuse a dédié l’ensemble de sa carrière à l’étude de ce pays, qu’elle aime depuis toujours et dont elle a commencé à apprendre la langue dès l’enfance.
Aujourd’hui, Marianne Bastid-Bruguière est membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Issue d’une lignée d’académiciens, elle n’a pourtant rien hérité de sa place : elle l’a conquise, pas à pas, par le travail et l’exigence scientifique.
Dans cet épisode, l’académicienne revient sur la naissance de son histoire avec la Chine, évoque son premier voyage à Pékin en 1964, puis les années de la Révolution culturelle, qui l’ont empêchée pendant douze ans de poursuivre ses recherches sur place. À l’écouter, on comprend que saisir un pays ne relève ni de l’instant ni de l’évidence, mais d’un patient travail de rigueur et de longue haleine. C’est chez elle, à Paris, que nous sommes allés la rencontrer. Marianne Bastid-Bruguière est la treizième invitée d’En habit vert.
Une vocation forgée très tôt
Marianne Bastide-Bruguière retrace la naissance précoce de sa passion pour la Chine, apparue dès l’enfance à la faveur d’une rencontre marquante avec un étudiant chinois de sa mère. Fascinée par la langue, l’écriture et la pensée chinoises, elle poursuit cette vocation malgré les obstacles institutionnels et la difficulté de l’apprentissage. Son premier séjour en Chine, en 1964, constitue un tournant décisif : recrutée pour enseigner le français à Pékin, elle découvre un pays encore rural, strictement encadré, mais profondément différent de tout ce qu’elle connaît. Cette immersion, à la fois intellectuelle et humaine, confirme chez elle l’idée que comprendre la Chine exige du temps, de la rigueur et une attention constante aux contextes historiques et culturels.
Témoigner de la Chine maoïste et de la violence de la Révolution culturelle
L’émission donne également une place au récit de la Révolution culturelle, que Marianne Bastide-Bruguière observe de l’intérieur à ses débuts. Elle décrit la montée progressive des tensions, la mise au pas des universités, puis la violence symbolique et physique infligée aux intellectuels, humiliés publiquement et contraints au travail manuel. Témoin direct de ces scènes, elle raconte l’incertitude jusqu’à son retour en France. Empêchée de retourner en Chine pendant plus de dix ans, elle conserve néanmoins un regard nuancé sur la société chinoise, soulignant à la fois sa dureté politique et sa remarquable capacité de résilience, d’humanité et de survie face à l’adversité.
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