Rester fidèle à ses rêves de jeunesse avec Daniel Rondeau
Trois romans sur dix ans, une seule question : qu'est-ce qu'on a fait de la France ? Avec Le système de l'argent, Daniel Rondeau, de l'Académie française, referme une trilogie commencée en 2017. Après les banlieues de Mécanique du chaos et la province oubliée de L'Arrière-Pays, il s'attaque cette fois à la toute-puissance de l'argent, et à ces oligarques financiers qui, dans son ouvrage, tentent de privatiser un territoire entier pour en chasser la liberté. Derrière la fiction, une conviction portée depuis ses années d'ouvrier en Lorraine jusqu'à l'Académie française : c'est la littérature qui fait d'un pays une patrie. Daniel Rondeau est le seizième invité d'En habit vert.
Une vie dans les livres
Ancien ouvrier en Lorraine, journaliste, éditeur, ambassadeur à Malte puis à l'UNESCO, Daniel Rondeau a traversé bien des vies. Mais il le dit lui-même : à chaque fois, il est reparti. Reparti vers ses personnages, vers l'écriture, vers les livres. Élu à l'Académie française en 2019, il incarne une certaine idée de la littérature comme engagement total - celle de Flaubert, qu'il cite volontiers : « La littérature doit être notre manière de vivre ».
Un territoire à vendre
Dans Le système de l'argent, un jeune financier de la tech, Christian Alexander-Smith, décide de racheter un territoire grand comme un département français donnant sur la Méditerranée. L'objectif : y installer une administration privée, une police privée, une médecine privée, et distribuer aux habitants des cartes d'identité sous forme de QR code. Face à lui, des Français ordinaires, instituteurs, artisans, élus locaux, qui s'aperçoivent qu'on est en train de leur voler leur histoire et leur liberté. Et entre les deux, Luc Desanges, ancien militant ouvrier devenu mercenaire du financier, personnage trouble, à la fois complice et progressivement rongé par le doute.
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