
La magie de peindre avec Nina Childress
Pour ce nouveau portrait d’En habit vert, le studio des podcasts s’est délocalisé à l’est de la ligne 11 du métro parisien, en direction des Lilas. C’est là, dans l’atelier de la peintre Nina Childress, que les micros ont été installés. Élue à l’Académie des beaux-arts en 2024, l’artiste a construit une œuvre traversée par la culture pop : portraits d’icônes féminines, avec, en filigrane persistant, la figure de Sylvie Vartan, mais aussi échos au punk et réminiscences d’images télévisuelles. Pourtant, à l’écoute, les sujets semblent s’effacer derrière l’essentiel : la peinture elle-même. Ses effets, ses matières, ses procédés, parfois inattendus, comme l’usage de pigments fluorescents ou phosphorescents. Au milieu des toiles et des pots de pinceaux, dans une atmosphère imprégnée d’une odeur enivrante de solvants, l’artiste évoque son parcours, le temps nécessaire pour trouver sa voie et vivre de sa pratique, ses obsessions, et cette “magie de la peinture” qu’elle ne cesse d’interroger. Nina Childress est la quinzième invitée d’En habit vert.
Une entrée en scène sous le signe de la magie
Difficile d’oublier l’image de Nina Childress le jour de son installation à l’Académie des beaux-arts : habit brodé, chignon ébouriffant, et surtout, à la place de l’épée traditionnelle, une baguette magique. Un geste à la fois poétique et manifeste, qui dit déjà beaucoup de son rapport à la peinture. Peindre relève d’une forme de magie.
États-Unis, culture pop et figures iconiques
Si l’œuvre de Nina Childress est souvent associée à des figures féminines, de Sylvie Vartan à Catherine Deneuve, ce ne sont pas tant les modèles qui importent que leur puissance visuelle. Nourrie par les images des années 60 à 80, entre télévision, cinéma et culture populaire, la peintre compose avec des souvenirs visuels plus qu’avec des références culturelles au sens strict. L’Amérique de son enfance, à la fois lointaine et fantasmée, agit ainsi comme un réservoir d’images, un « mythe » intérieur.
Peindre envers et contre tout
Formation discontinue, expérimentations multiples, périodes d’incertitude : il faudra près de quinze ans pour que s’affirme une direction pleinement assumée. Longtemps en décalage avec les tendances dominantes, notamment à une époque où la peinture semblait reléguée au second plan, Nina Childress a poursuivi une recherche guidée par le désir de peindre avant tout. Ce n’est qu’en s’autorisant à suivre ses propres inclinations que son travail trouve une véritable reconnaissance, confirmant une trajectoire où la liberté finit par primer sur les attentes du milieu artistique.
Un autoportrait de Nina Childress est exposé au Petit Palais, jusqu'au 19 juillet 2026, dans le cadre de l'exposition temporaire "Visages d'artistes".

